Atelier d'écriture du 08/11/2018
« Tant de villes à découvrir, à méconnaître ;
Tant de personnes à rencontrer, à quitter ;
Tant de livres à ouvrir, à refermer ;
Tant de chemins à fréquenter, à délaisser ;
Tant de rires à vivre, à manquer ;
Mais tant et tant de vie(s) à offrir !! ».
Isabelle
 
« C’est un stylo-bille au corps lisse et violet. Il est rehaussé d’une agrafe argentée et brillante. Son encre est bleue outremer, et sa bille crisse, doucement, sur le papier.
Il est toujours niché au fond de mon sac, scellé par portefeuille, carnet de chèques, trousses et clés.
Je dois aller à la pêche pour le dénicher et quand je l’attrape alors ma vie devient bleue. »
Isabelle

« Tant d'incipits à débusquer, à raturer, tant de feuilles à choisir, à froisser, tant de crayons à saisir, à jeter, tant de mots à chercher, à refuser, tant de croyances à écouter, à repousser, tant de phrases à inventer, à emprunter, tant d'émotions à laisser monter, à retenir, tant de critiques à chercher, à ignorer... Mais tant de joies à admirer son premier livre, dans sa bibliothèque, aux côtés de vrais écrivains ! »
Claude
 

Contribution de Claude à l'atelier d'écriture du 11 octobre 2018
Tout a commencé le jour où… je suis venu au monde. Je devrais dire où « on m’a mis au monde » car moi, je n’avais rien demandé !
J’étais maintenant à plat ventre, bercé par quelque chose de chaud et humide qui oscillait régulièrement.
Une odeur nouvelle m’enivrait et je me serais endormi si on ne m’avait pas soulevé sans ménagement, frappé les fesses, secoué dans tous les sens.
J’ai crié très fort pour montrer ma désapprobation et j’ai été entendu parce que je suis redescendu sur quelque chose de chaud, doux, accueillant, chaleureux.
J’ai senti confusément que ce contact, cette odeur m’était déjà indispensable.
C’était un jeudi (pas d’école), un 3 (pourquoi pas), à midi (l’heure du repas). C’était bien comme début.
Mais voilà que, à nouveau, on me gesticulait les bras, les jambes, les pieds, les oreilles, quelque chose de dur entra dans mon nez et me fit éternuer.
Je me débattais, je criais ma peur et mon courroux : pourquoi avait-on anéanti cet océan de douceur et de sérénité qui avait accompagné mon voyage ? Mais c’était peine perdue, maintenant j’étais suspendu par les bras et je devais me tenir debout… ce que mes petites jambes étaient incapables de faire… et marcher ?...
Mais dans quel univers de cruauté m’avait-on plongé ?
Enfin, cette désagréable gymnastique cessa. Je retrouvais avec plaisir le contact et l’odeur qui m’avaient enivrés et je me suis calmé.
Quelque chose caressait mes cheveux, chatouillait mon cou, embrassait mes joues puis, bonheur suprême, mes lèvres se sont entrouvertes, un liquide chaud et sucré a envahi ma bouche, je suçais avidement les yeux fermés jusqu’à bout de force.
Mon infortune était oubliée.
J’étais prêt à conquérir le monde.
Claude
 

Haïkus / Exposition "Essences" -01/10/2018
Arbre es-tu là ?
N'es-tu pas là ?
Le blanc se montre,
Le rouge dissimule
Dans sa cavité d'être soi.

Le vent, animal,
Disperse les pollens
Qui s'enfuient à l'horizon.

Je peux dire blanc
Je peux dire noir
Le monde reste aléatoire

Dans le silence
Les jours se passent
Sans plus de chance.

La poésie le sait
L'insensé n'est par contraire
De la raison.

Regardez ces arbres, ce cimetière,
Hier, a brûlé la terre,
Pourtant, demain, tout sera vert,
La nature a une santé de fer.

Ici, ni d'ailleurs
Ni meilleur
Mes racines avancent
Dans la terre noire
Je voudrais des mots
De solitude
Pour parler à moi-même.
 
La tempête se prépare
Froid chaud,
Front froid
Se talonnent
D'où viendront les éclairs !

L'aplomb silencieux
Les arbres se redressent
Sous l'apesanteur.

J'attends mon feuillage
Mes bourgeons en sommeil
Retardent mon printemps.

Chaque jour, mes branchages
Visent le ciel
Au-delà des nuages.

Comment te dire la douleur
Mon existence m'échappe
Derrière le bonheur.

Lis-moi,
Lis-moi,
Lis-moi
Le papier de soie
Ecris,
Ecris,
Ecris,
Dis le papier de riz.
Miroir,
Mon beau miroir,
Dis-moi qui est le plus beau ?
Mon enchevêtrement prépare
La visite du vent.

Le silence respire dans l'oubli
L'élan de l'arbre
Indique tous les chemins.

Mon existence doit vous faire peur
Pourtant je chante
Mais dans le coeur ma chaleur.

Me manque une vie
Pour me cerner
Et choisir mon immobilité.

Mon existence doit te faire peur,
Tout cela ne mène à rien.
Mon existence est ailleurs.

Ni horizontal
Ni vertical,
Le secret de mes arbres
Echappe à la beauté.

L'incendie fait rage
De front se talonnent
Dans les yeux, une image
S'imprime et étonne.


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Cadavres exquis -jeudi 27/09/2018
Pourquoi la mort est-elle si effrayante ?
Parce que les plumes sont légères et les jours trop courts.

Pourquoi ne peut-on pas lire l'avenir ?
Parce que faire demi tour est impossible.

Comment peut-on comprendre l'étrangeté de l'univers ?
En faisant de profondes inspirations / expirations